Équipe · Beauvais, mai 2026

Le manifeste
Virage.

On a construit Virage parce que toutes les apps moto nous parlaient comme à des athlètes. Chrono, classement, Strava du dimanche. Or, la moto, c'est l'inverse.

C'est partir à 7h pour rentrer à 19h, faire quatre-vingts kilomètres dans la journée, et avoir pris du temps. C'est s'arrêter à un point de vue qu'on a déjà vu, parce que cette fois la lumière est différente. C'est prendre la petite départementale au lieu de la nationale, non pas parce qu'elle est plus rapide, mais parce qu'on sait qu'il y a trois virages en épingle et une descente qui sent les herbes coupées.

« Le plaisir, pas la performance. La route comme destination — pas comme moyen. »

Virage est pour ceux-là. Une app qui aide à trouver les bonnes routes, pas à les avaler. Une carte qui montre les cols, les boulangeries et les garages — pas les classements. Pas de fil d'actualité algorithmique. Pas de streak à maintenir. Pas de badge à débloquer en faisant 500 km un dimanche.

On a mis du temps à comprendre ce qu'on voulait vraiment construire. Au début, on a failli faire comme tout le monde : un Strava avec des motos. Un Google Maps qui gamifie. Heureusement, on s'est raté. On a laissé traîner le projet. Et en le laissant traîner, on a compris ce qui manquait vraiment : un endroit où les motards français partagent pour le plaisir, pas pour la performance.

On croit que la route mérite mieux que d'être traitée comme un terrain de jeu à optimiser. Que le traçage d'un itinéraire devrait ressembler à un rêve éveillé, pas à un algorithme. Que la communauté moto en France est faite de gens ordinaires et extraordinaires — des retraités qui font le Galibier le lundi, des lycéens avec un 125 et une passion démesurée, des couples qui s'arrêtent manger une tarte aux myrtilles à 1800 mètres.

Virage est gratuit à l'essentiel : tracer, rouler, partager ne coûte rien. Sans pub intrusive. Un abonnement Virage+ existe pour ceux qui veulent aller plus loin, et on fait vivre l'app avec les partenaires qu'on choisit : des commerces de bord de route, pas des marques de sport. Des endroits qu'on recommanderait à un ami. On préfère cinq partenaires qu'on aime à cinquante annonceurs qu'on supporte.

Ce manifeste est une promesse. Pas à nos investisseurs — on n'en a pas. À vous. À ceux qui roulent le dimanche matin avant que le monde se réveille, qui connaissent la différence entre une route goudronnée en 1987 et une refaite en 2019, qui savent que le café de l'hôtel de la Croix de Fer vaut le détour même si le café est tiède.

Si Virage ne vous aide pas à rouler mieux, à partager plus sincèrement, ou à trouver des routes que vous auriez manquées — on a raté. Dites-le nous. On est à Beauvais, on répond aux emails.

— Joris Toussaint,
Beauvais, France. Mai 2026.